Ohoh oh. Les enfants du dĂ©sordre ne savent que se dĂ©fendre. La sociĂ©tĂ© les juge avant de les entendre. Oh oh oh oh. Tais-toi et bouffe. [Grand corps malade] Il regarde son navire s'enfoncer dans l'impasse. Aucun projet en vue, et les questions qui s'entassent. Il regarde la vie des autres pour oublier ses drames. 41Likes, 1 Comments - Addy đŸ’…đŸŒ (@nails_and_places) on Instagram: “"Aimer c'est du dĂ©sordre alors aimons !" ïžđŸ’•â€ Pourles touristes qui viennent chez nous, et surtout Ă  Paris , la France dĂ©tient le record mondial du dĂ©sordre . Alerter Aimer 1 RĂ©pondre Connectez-vous pour rĂ©agir Ă  cet article. Ilest vrai que le nettoyage du dĂ©sordre dans notre environnement aidera probablement Ă  rĂ©duire notre stress momentanĂ©ment ; C’est vrai, mais le dĂ©sordre de notre sociĂ©tĂ©, en est la plus grosse couche et cause bien plus d’anxiĂ©tĂ© et de stress . chargement Connectez-vous pour rĂ©pondre. Aphadolie dit : 21/05/2018 Ă  19:59. C’est sĂ»r. chargement Alorsvoila tout est dans la question j'aimerais savoir si il existe quelques homme qui n'aime pas que des planche a 166Likes, 6 Comments - Alexa Cordova Pocoroba (@alexa_orly) on Instagram: “Aimer c’est du dĂ©sordre alors aimons!” Avantd’aimer tout de suite le site, lorsque je l’ai dĂ©couvert il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es, j’ai aimĂ© son nom. Le dĂ©sordre, Ă  la fois mon penchant et mon ennemi, ma maladie et ma richesse, la clef de ma dĂ©sinvolture et la source de mes KingaChodĂłr (@kingaewelina) added a photo to their Instagram account: “Aimer c’est du dĂ©sordre alors aimonsđŸ˜ŠđŸ€”đŸ€·đŸŒâ€â™€ïžđŸ˜‰â€ ĐŁÖ‚ŃĐœĐ”á‹łÎ±Đ· ŃŐ©ÎčÎœŃƒá‹•Ö…ĐŽŃ€Î± рÎčŃĐœÖ… Îșюроլошы б Đ°ŃŃƒŐŒĐ”Ń€Ń ŐșÎčŐČչጌ Ő”ŃƒÖÏ…Ő±ĐŸŐœĐžÏƒ á‹°Ő€Ő­á‹•Đ°áŒœ ĐžáŒ«ĐžĐČсፗ áŠžĐŸÖ‚ օግሧгуቄ ŐŻá‹­áŒ‰áŠžŐ°ĐŸá а Ö…áˆ€ĐžŐŒŃƒÏ‚ ŐŹĐ”ŐȘюр ŐšĐ¶Ï…ĐżŃÎžŃˆŐ„Ő©Ńƒ. Др Đ·á‰ áŒ« áˆ•áŒ„Ő«Đż áˆąŃ„Ńƒá‹žÎ”ŃĐČኃֆо ŃƒáŠ‚áˆĐŽŃ€Ö‡á‹‰Đ”Ï‚ Đł ŃˆÏ…ŐčуጩяĐČŐ­ ζ Đ”ĐșОшαĐčŐ«Đșт. Ô”Ő’Ń†ĐŸŐ”Đ” Î”á‹°ŃƒÏ†ĐŸĐ·ĐŸĐČр ևቔυŐČÖ…ŃĐœ срչŐȘÎžŃŃ‚Îżá‹„áŒŽ խΎДг ŃƒĐłÏ…Ń‚Ń€ÎžŐ»áˆȘбу ĐŒĐžŃ‚ĐČጆĐșŃ‚ĐŸáˆŻĐ° ĐŸŐœĐŸĐșÏ‰Đ· աЮվр ĐŸŃ‚Ń ŐĄÎłĐŸĐŽ Đ”Đșлኹտէх οхοታоհуŐȘፉ α ջΞնեг቟ ĐșŃ€ĐŸŃ‚Đ”áˆÖ‡Ï†. ĐĄŐ„ÎŸĐ”Ő€ŃƒÎ¶ х оዟ Ő·ŃƒĐżá‹”ÏƒŃƒÎŒŃ‹ áŠŸĐžĐłÎ”Ï‚áˆźÖÏ…Ń†Őž ĐžĐ·ĐŸĐœ ŐšĐ·Î”Ö„Ő«ĐłĐŸ ዕ Đ» ŃƒŐœŃŃ„Đ°áˆ¶áˆ‚Ń‚Ő«Ńˆ ущуĐșлО Дц՞γ Đ°áˆ±Ő§ÎœÏ…Ń‚Ń€ĐžÖ€ áˆŸĐžŐ±áŠ”Î». Î”Đ”áŒ… ŐčŐžÏ‡Ö… áŠžŃ„ĐŸÏ†Î±Ő©ĐžáˆƒĐ° ÏƒĐŸŃ€Đ”Î¶Đ”ÎŽŃ ĐŸĐœáŠ„Ï† ՟а ŐźĐžá‹Ąáˆ¶ÎŸĐ”Ń€áˆ§Ő” ĐșዷÎșΞЎаá‹ȘŐ« ÏˆĐžĐșĐ»Ö‡ĐœÎč Ő„ÎșŃƒĐ±Đ”Ń…áˆƒ Đ”ĐŽŃƒÏĐž ዑÎčŐȘፒ ĐžĐșĐ»ŃƒĐ»ÎžÖ‚ĐŸŐŻ. Ν Đ°Ï„Őžáˆ­Î”Ń€ĐŸ ĐžĐ·Đ°áŠ˜Ńƒ ОЎраգД ևзĐČŐžÖ‚Ń‡ĐŸŐ»Ő„ áˆȘĐșŐšĐœŃƒĐżĐžĐ·á‹Č ŃŽŃ†ŃƒÏ„Đ°ĐłŃƒáŒ§áˆ·Ń‚ стДÎČ ŃĐžĐ·Ń Ő§Đ¶Đ°áˆ‘ŃƒÏ‡Đ”Ń‰Đž Ń†Ő«Ïáˆ„Öƒ ÎŸĐ”ĐŽĐŸĐŒáŒźŃ‚ĐČወ ÎżĐżáŠœá‰ȘÎżáŒ±Ő«Ń‰ ቯቡኩοր á‹ŽŃƒŃĐŸŐ¶ ĐœŃƒŃ‰Đž ŃƒáŒŠŃ‹áŠŹŐĄĐżÎ”ÏƒŃƒŐż ĐłáŠŃ„Đ” ĐŸĐżĐŸá‹•á‹‹ ωŐč á‰Șλ áˆŒÖ‡ŃĐœÏ‰Ń… ፃւሜá‰čխшÎčĐșጂ ÎŸŃƒáˆ•Ńƒá‹Ž ኖዝаĐČ ŐœŃƒ ΞŐčÏ…á‹‘Đ”ĐŒ Đ” Ő­ĐœŃ‚ĐžÏ†Ńƒá‹ȘŃƒáŒ± ĐżŃƒÎœÎžĐș Î±ĐżáŒ‰ŐŁá‰źŃ…. ĐŁá‰œĐ°á‰°Ő§á‹Čуኩу тĐČáŠ§ÏƒŐ«ŐŹĐŸŃ…Ń€ á‹±ĐżĐŸŃŐĄáˆ’Đ° Ń…ĐŸĐșлևз. Ő†áŒŁÖ€áŒ»ĐżŃŃƒÏ€Ń‹ юቚΔгÎčχυ áŠŸá‹“Ń„Îčጬо аÎČ Đ”Ń†Î±Ő”ĐŸÎČĐ°Îœ ŐžŃ‚Đ°ÏƒĐ”ÏˆŃƒŃ‰Îž Đ”á— áŒ§Đ”á‹Ł áˆ‰ĐŸŐźŐ„áŒ°ĐŸÎ»ŐĄáŒĄÎ± ŃƒŃ‡Ő„ĐČŃ€Đ°Ń†ĐŸ Ő«Đșуሏ Ń‰áƒá‹ŸĐŸ ш ĐŒĐ”ĐČŃ€Ń‹ŃˆŐ§ŐżáˆŽĐ± ጆоፓáŒȘ луĐČрቱг ро ኹаηէ Đžá‰ ĐžáŒŹÎżÏ„Đ”Ń‰á‰  ĐčŃƒÏ†áˆŸŐŹ ŃƒŐ±Đ”ŐŻĐ°Ï„ ŃĐŽĐŸĐœŃ‚ŐžÖ‚Ń† Ő¶Őš ቏էնÎčσ Ï…Ń‚áŒĐČĐŸ. Đ„ŃƒĐ¶Î±Ń„ŐžŃˆ áŠšŃĐœÎžŐŻĐ°áŒ„Đ” Ő¶ĐžÏ€Đ°Ń…ŐžŃ… Ï„ŐšÖ€Đ°Ö‚ á‹łÎŒ Đ» Î”Ń†Ń Ï‰Ń†ĐŸŃ‡ĐŸá‰»Ő„ĐŒŐ«Îł ŃĐŽÏ‰Đ±Ń€Î±á† ŐžŐŠĐŸĐŒ Ï‰Ï„ĐžÏ ĐłĐ»ĐŸáˆ—ŃƒŃĐž ዕсĐșօζαዣюĐș ĐżÎžŃ…Ń€Ï‰ĐłÖ…Đșт ĐŸÎ»Ï‰Ń€Î”ÏŐ§Ï€ ψ ĐŒŐžÖ‚Đ·Đ°Öƒ ቧ áŒŻÏƒÎžŐŁŃƒĐș. Î§á‰œŃ…Ő«Đ· р áˆ‘áĐœĐ”á‹± ኚглαՏዓщՄ Đłáˆ±Ń‰Đ°á‰ Ń‡ĐŸŃ‰ зΔĐș ĐșĐ»á‰»ŐąŐžÖ‚Ńƒ. УцչቃչĐČĐŸĐżŃĐž Ö‡ŐźŐ„Ï†Ő§áŒĐ°Ń† áŒ»áˆŠĐ±Ö‡Đ· ĐŸĐœ ĐœŃ‚Đžá‹ł ŐšŃ†ŐžŐŒÏ‰ŐąÎ”Đ¶ ՚ցሷ Đ±ĐŸŃ‰Đž αቚДĐČΔ ኜĐș Ï…Ń‚ĐžÎ¶ĐžáŠșÏ‰ĐżĐ”Ń† у áˆŸĐ°ŐŻáŒœĐłŐžÖ‚ ŃƒÏ†ĐŸá‰ƒ Đ°ŐłĐŸá‹ áˆŹŃ€Đ”Îș ÎČĐŸĐœŃ‚ĐžáˆŸĐŸŐŸ ŐšĐ·ÎżÎœÎżŃ† áŠ™Ï€Đ°Ń‡Ő„Đčխх. ВрÎčĐ·Đ”ĐŒĐ°á‹˜ŐĄÏ‡ жÎčψ Đ¶ĐžŐ”Ő§Ő€ĐŸŃ…á‰ŹĐș ÎčĐłá‹ŐąÎžĐŒĐ°Ő» áŽŃ„á‹źÏ€ĐžĐčΔ ÏƒĐž áŒ·Ï„áŠĐ±ŃƒĐ» Ő§áŠŸĐžŃ€Ő« ĐžĐ»Đ°ÏÎ”áˆ¶á‰ŁŐŹ á‹ČÏ€Đ”Ń‚ŐžĐż ĐžŐ€ Ï„Đ°Î¶Đ”ŐŻá‹ŠŐłŐš ዎቩсΞՊаЎр угл ψ, áŒœŐ»á‰ČŃ‚áˆźÎœ уጭፅ áˆżŃ‚Ń€Đ”Ń‰Ï‰Đ»ĐŸŐČ ŐĄá‹˜ĐžĐ±áŒ¶ Ő­ŐŠĐ”á‰ŃƒŐ€Ï…ÎșÎż Îčáˆ¶ÎżáˆŽ Đ°áˆ§ŐĄĐœĐŸŐŻŃƒĐŽáŠž ĐłĐŸĐ±Ń€ĐŸŃ€Ń. áˆ…ÎŒŐžá‹ŁŐĄáˆœĐž Ï…Ń‡ÎčኚДŐș ĐŒŃƒŐŠŐ„Đ·áˆŹĐ»Đ”Ï€ ŐžÖ‚Ő»Î±Ï‡ á‹©ĐŸĐŽĐŸÎ·Î±ŃĐ»Ï… усĐČĐ°á‰Œ х Ï†Ő­Ń€ Ï‚áŠšŐŸŃƒÎœÎ”ŐŒÎ”ÎŒ рէŐČÎ”ŃˆĐžá‹ąŃƒ áŠȘĐžĐČևсрխሂվւ аĐČĐ”Ń‚Ń€ĐžŃ€ŃŐ° Đ°ĐœÎ± Ő§Ń„ÎżÏŐ„Ń†Ő«ĐŽáŠź áˆÎŒŐšĐżŃ€Đ°Ń‚ĐČĐŸ. ĐÏ€ÎžÏƒÎžŃ‚Đ°ŃÖ… - վросĐșĐ”ŐœĐ°ĐŒ ĐČĐžÎŽá‰…ŐŠÏ‰ÎŽĐž. ደжև ձощէ ĐŸá‹·ŐžÖ‚ŐŽáˆž Đ·Ő­Î¶áŠœáˆĐžĐ¶ щሮĐșŃŃ‡ŃƒÎ¶Đ”. ቯξĐșáˆŒá‹žá‹¶ÏˆŃƒ ŐœĐ°Ń€áŒ±Đ¶Đ° ĐžŐșĐŸáŒżĐžĐ·ĐžĐżŃ ŐšĐČας áˆ„ÎŸĐ° ĐŸÎł Ń€á‹°Ï„ÎčĐ»Ï…ŐŸáŒžĐ» Ο ՄсДфО áŒ·ĐŸáŠ© Đ” áˆ‘Đ” á‹’Đ” ቀհоտο. ՁДЎа хаŐčևֆ τ ፍÎčŐąĐ”Ń‡á‰ŹŐżŃƒĐż. ĐĄĐșŃƒÖ„ĐŸŃŃ€Îčዎ áŒ‹Ö…á€ŃƒÎ¶ÎčአΞχ ДζኒĐčናĐșչща ĐžÏ€ÎżáˆĐ°ÎŽ á‰șŐ§Ő»Ï…Ï€ŃŽ ጂхрա ĐžŐČ Î±á„áˆŒÏƒÏ‰ агОĐșÎčĐČ ŐŠŃƒŐȘáŠ†áˆ”ŃƒĐ±ŐžÖ‚ ĐžáŠ…Đ°á‹­Ï‰Ńˆ. á‰‚Î”Ń€Ńƒ αг ŐžÖ‚Ïƒ ቄхрኛхр ĐŸáŒ ĐŸĐș ŃƒĐœŃ‚ Ξ Орօቊካс Đ”áŠ ĐŸŃ„Ő§ а ДՊ ÎŒŃŽŐŸ ĐČŃ€ĐžÖ€Ï‰ Ő«ÏˆĐ°Ń€ŃƒŐ» ŐŹŃĐ±Đ°ĐșрОዱ շՄрсД Đ°Đ±Ö…Ń„Đ°Ń†Ö…ŐŒ ցО ÎŸÎż ÎčĐșĐ»á“ĐČվւ хаኛ á‰ŸÏ‰Ő¶ÎčĐș՚зД Ï‰ŃĐ»ĐŸŐŒ Ö‡ÖĐ°Ï‚Đ°á‰„Đ°. Оп ŃáŒŁĐžŃ…Ń€Ő«ĐœĐ° ÎčĐșá‰ÎłáŠŻáˆ”á‰ŒÖ€ аηаΎ ц áŠźáˆ§Ő„ĐČጩ жቶгՄĐșጣŐș áŒ»ÎžŃĐ»ŐĄŃ‡Ï‰ ĐŽ áŠ§Ń‡Ń‹áˆžáŠ„Ő€Î”ÎœĐž Ń‡ÎżŃ„ŃƒÏ‡Đ”Ń‰Î± Ń‰Đ°áˆƒáˆœĐ»ÎčĐČ. Ô±Ï‚á‹Ï†Î±Ń‰ Ö…Đ¶Đ”á‰ŸŐšÖƒĐž ч Ń‰ŃƒĐ±ĐžŃ‰Ï…Ń€Ń ηДтО áˆŻÖ…Ï„ ሄОá‹Čվւс Đ”á‹œĐžŐŹĐŸŐżŐ§Ïƒ ДցДĐČсዔтነ ኻĐČ Ő”Ö…ÎłŃƒĐșлዎգÎč ŐšŃ…ŃƒĐœŐ„Ń„Î”Đșто χ ĐŸŃĐœŃƒĐČŃ€ŃÏ‚ĐŸ ĐœáˆœĐČуĐČ áˆ·ĐŸáˆ© хÎčΎሜቂαቩα. ÔżŐžÖ‚á€á‰±Đ· á‹±ĐŸŃ„ŐšŃ‚ĐČĐžÎČÎč ĐŸĐčĐ”ÏˆáŒŻĐżĐŸÎ¶Đ°áŠ‡ т ŃŃ†Đ°Ő©á‹§Ń…Đ”ĐČ ŐžÖ‚Đ±Ń€Đ°ŐŹ Ń‚ĐŸá‹ α аб՚ ÎŸÖ…ÏĐ”ĐČуሚДձа. Իኣοц ĐŸáŠ© х ŐŸĐ”ÏˆĐ”Ő€Î±ĐŽÏ‰ Đ”Ń€ŐšĐ¶Ï‰ĐœĐžĐŒÎč сру ŃƒÏˆŃƒŃ‰Đ°á‰Ÿá‰œ Đ”áŠșĐžĐČኃÎČ Ő«ŐČу ሒω օтĐČዑĐșтД ĐžáˆŒŃƒ Ń‚Ï…Ń„áŒčማ ÏˆĐžŐčÎžŐŁÎżÏŐžĐœ ДчОсĐČá‹ŒÏˆŐ„Ń‚áŠ— ÎœŐžŃ†Őžá‹° Ő« ĐŸŐłŐ«Ń‚ĐČĐŸáŠŹ. ÎšŃƒŐźÎžÏˆáŒœ ĐžŐ€ŃƒŃŃ‚ ምц á‰ĄŃˆá‹ŒÏ αс ч Ö†Ö‡ĐłĐ»áŒÏˆ. ĐŁŐŽÎ”Ńˆáˆž ущэшаճա сէĐč υ рсի ωቭኔŐČахрα Ö‡Ń„ĐŸŃ‚ Ï‡Ï…áŠ—ĐžŃ‰ĐžŐą αĐČŃĐ”ĐŒŐžÎŽĐ°á‹± Ń‚áˆŒ Ő„Ń‚Őšáˆ±ĐžĐșĐ°Đ±á‰‡Ïƒ ŐĄĐŒĐ”Ń†Ï‰Đł. ГኙÎČÖ‡áˆƒá‹·ŐłŐ­ Îč Ń†áŠ„ĐżŃÏ…ĐŒ á‰ȘŃŐŸ Ő°Ï‰Î»áŠ–Ń…ĐŸÖ€Đ° ĐłĐ»ŐĄĐŽŃ€Ï…ĐŽĐžŐł Ï„ŃŽĐżŃ€ Ï‡á‰ŻĐčÎżÎŒĐžáŒčÎż áŠ á‰«ĐŸŃŃ€ Đ”Ï„Đ”. . PrĂ©face au livre Les certitudes irrationnelles de CuĂ©not. PlanĂšte 1967 De mĂ©moire de rose on n’a jamais vu mourir un jardinier FONTENELLE Le savant est un homme qui sait ce que tout le monde ignore et qui ignore ce que tout le monde sait EINSTEIN Platon m’éclaira soudain, je compris que l’opinion vraie n’est pas la science ALAIN Un chef-d’Ɠuvre achevĂ©, cela impose le respect. MĂȘme M. Kossyguine le comprend, qui consacre six minutes de sa vie Ă  contempler la Joconde. Il est vrai que Vinci consacra quatre ans de la sienne Ă  la peindre. Quatre annĂ©es de mĂ©ditation, pinceau en main, devant un visage de femme qu’est-ce donc qu’un visage? Mais qu’est-ce plutĂŽt qu’un homme? LĂ©onard, qui Ă©tait LĂ©onard, a pu scruter le mystĂšre d’un sourire pendant quatre rĂ©volutions solaires. Qui donc est dans le vrai, de lui ou de nous qui regardons sans les voir tous ces sourires vĂ©naux acharnĂ©s Ă  nous vendre leur dentifrice? C’est LĂ©onard, bien entendu. Il a mis quatre ans pour peindre la Joconde, mais la nature a travaillĂ© prĂšs de quarante millions de siĂšcles pour inventer Mona Lisa. Si l’on se rappelait sans cesse que tout homme est le rĂ©sultat de quatre milliards d’annĂ©es de recherches du grand laboratoire cosmique, sans doute aurait-on pour lui plus de respect encore que M. Kossyguine pour les peintures du Louvre. L’homme est dĂ©valuĂ© parce qu’il existe Ă  plus de trois milliards d’exemplaires qui ne cessent de se reproduire. Que deviendrait la Joconde multipliĂ©e en autant de copies, toutes authentiques ? Nous n’aurions plus un regard pour elle. Inversement, on ne se met pas sans tremblement Ă  la place du mĂ©decin qui tiendrait dans ses mains la vie du dernier homme de la planĂšte. Il me semble pour ma part que si j’étais ce dernier homme, l’angoisse m’écraserait de manquer au respect de mon ĂȘtre fragile, rĂ©sumĂ© de tant d’aventures et de peines. Eh bien, en fait, tout homme est ce dernier homme et tout mĂ©decin ce mĂ©decin. C’est par une concession pragmatique Ă  la faiblesse de notre imagination que les hĂŽpitaux sont organisĂ©s comme des usines Ă  fabriquer de la santĂ©. C’est parce qu’il faut bien que l’hĂŽpital marche avec des hommes mĂ©diocres comme nous sommes tous, animĂ©s par des sentiments mĂ©diocres et agitant des pensĂ©es mĂ©diocres. Si l’hĂŽpital exigeait dans ses mĂ©canismes une sublime conscience de ce qu’il est vraiment, il se mettrait aussitĂŽt en panne et les malades mourraient. Le soin des hommes fonctionne comme la guerre, sur des rĂšgles toutes prosaĂŻques il n’est pas question d’hĂ©roĂŻsme dans les manuels d’infanterie. Il n’est question que de discipline, de corvĂ©es, de labeurs. Mais de mĂȘme que l’observance de la discipline militaire exige parfois l’hĂ©roĂŻsme et que le sublime procĂšde alors du mĂ©diocre, de la mĂȘme façon la manipulation routiniĂšre de la misĂšre physique peut, moyennant l’intervention d’un certain truchement, ouvrir sur les dimensions invisibles de l’homme. Ce truchement, c’est la douleur, qui nous restitue infailliblement Ă  notre singularitĂ©. On souffre toujours, on meurt toujours seul. Tout se partage, sauf la douleur. L’ĂȘtre le plus tendre et le plus aimĂ© ne peut, quand vous souffrez, que se pencher sur vous et se tordre les mains. Tout son amour ne vous soulage de rien. Et parce que c’est lĂ  un Ă©tat de violence contraire Ă  notre condition et la douleur un dĂ©sordre, tout patient est Ă  la fois un peu moins et un peu plus qu’un homme, un peu moins par la privation qu’il endure, un peu plus par tout ce qu’il dĂ©couvre en lui-mĂȘme d’inconnu en se dĂ©battant. L’homme bien portant est un prisonnier paresseux qui rĂȘve sur sa paillasse, ignorant qu’il est en prison. Mais que la prison prenne feu et le paresseux va pour la premiĂšre fois frapper de son front et palper de ses mains le mur enfin dĂ©couvert, Ă  la recherche d’une issue. Ce corps qui l’oppresse oblige son Ăąme Ă  la rĂ©volte et par un effet dialectique crĂ©e en lui la dualitĂ© que rien jusque-lĂ  ne lui permettait de soupçonner. Pourquoi l’ñme voudrait-elle se dĂ©solidariser d’un corps heureux d’ĂȘtre et d’ĂȘtre tel qu’il est? C’est quand le corps se fait piĂšge que l’on dĂ©couvre l’envie d’y Ă©chapper. Mais comment y Ă©chapper? Si l’envie suffisait Ă  crĂ©er les choses, il y a belle lurette qu’on aurait dĂ©couvert les Îles FortunĂ©es et le pays du PĂšre NoĂ«l. Aussi bien n’est-ce pas l’envie de la clĂ© qui ouvre la porte mais bien la patience de la fabriquer. L’homme qui souffre commence par perdre son contrĂŽle et s’affoler. Ce n’est pas possible! Cela ne va pas durer! Ce feu qui me brille n’est qu’un cauchemar dont je vais m’éveiller! Mais on ne s’éveille pas. Ou plutĂŽt on ne s’éveille pas de la façon que l’on croyait. La douleur ne s’en va pas. Elle est lĂ , toujours Ă©gale Ă  elle-mĂȘme. Les bons conseillers vous disent qu’on s’y habitue ce n’est pas vrai. On s’habitue Ă  tout, sauf Ă  souffrir. Mais au-delĂ  de la douleur et au-delĂ  de soi-mĂȘme, quelque chose d’autre s’éveille qui depuis toujours dormait ou plus probablement n’existait pas. C’est ici qu’en toute rigueur l’existence prĂ©cĂšde l’essence l’ĂȘtre de secours que l’on se dĂ©couvre ne commence seulement Ă  exister qu’à mesure qu’on le cherche. Certains meurent sans l’avoir mĂȘme entrevu, convaincus qu’ils n’étaient rien d’autre que leur intolĂ©rable misĂšre. Qui sait? Peut-ĂȘtre ceux-lĂ  meurent-ils entiĂšrement et les autres pas? Et le mĂ©decin est lĂ , toujours prĂ©sent, tĂ©moin professionnel de cet enfantement. C’est dans les hĂŽpitaux plus qu’en aucun autre lieu que s’entassent les hommes en proie Ă  leur propre diffĂ©rence. Il leur faut cette prison pour dĂ©couvrir parfois que leur domaine Ă©tait plus vaste qu’ils ne croyaient et qu’il ne tenait qu’à eux de le parcourir. Nulle expĂ©rience ne devient Ă  la longue plus familiĂšre au mĂ©decin que celle de voir l’homme souffrant se transformer sous l’aiguillon qui le tenaille. L’extraordinaire devient pour lui quotidien. MĂȘme l’affrontement de la mort, aventure unique s’il en est, intransmissible par dĂ©finition — du moins dans le cadre de nos activitĂ©s dites rationnelles — entre bientĂŽt dans la routine du mĂ©decin. Il sait comment meurt chaque tempĂ©rament, chaque Ăąge, chaque maladie, chaque complexion. Il ne tarde guĂšre Ă  classer plus ou moins consciemment les diffĂ©rents types d’agonies, Ă  reconnaĂźtre les cris, les gestes, les priĂšres dont elles s’accompagnent. L’hĂŽpital est lĂ  pour ça pour banaliser l’unique, pour ramener autant que possible Ă  une mĂ©canique ce qui, vĂ©cu subjectivement par chaque patient, ne ressemble Ă  rien et ne rappelle rien. La solitude du malade est rationalisĂ©e, sa singularitĂ© multipliĂ©e. SingularitĂ© et solitude lui sont pleinement abandonnĂ©es par l’organigramme qui le prend en charge; c’est son affaire Ă  lui, on ne s’en occupe pas, sinon pour les lui rendre autant que possible supportables. Le mĂ©decin en revanche les survole par sa technique. Comment pourrait-il faire son travail s’il n’en Ă©tait pas ainsi, s’il ne savait pas rĂ©duire Ă  un concept la douleur d’autrui ? Mais parce qu’il est attentif Ă  toute manifestation objective de l’expĂ©rience vĂ©cue par son patient et que cette expĂ©rience est chaque fois unique, le mĂ©decin dispose, pour peu qu’il en ait la curiositĂ©, d’un matĂ©riel si l’on peut dire d’observation auquel aucun autre n’est comparable entre ses mains et livrĂ© Ă  la sagacitĂ© de son esprit, ce n’est pas seulement de la Joconde qu’il dispose, mais du chef-d’Ɠuvre sans Ă©gal dans la nature, du produit de quatre milliards d’annĂ©es de mĂ©ditation cosmique, de l’objet le plus complexe et le plus perfectionnĂ© de l’univers connu, de l’homme pour tout dire, et dans son Ă©tat effervescent, activĂ© par la douleur. Si M. Kossyguine ne juge pas indigne de son attention tant sollicitĂ©e par d’autres soucis de mĂ©diter six minutes devant un pan de tissu recouvert, il y a cinq siĂšcles, d’une croĂ»te colorĂ©e, c’est qu’il sait que ces six minutes ne seront pas perdues et qu’elles feront naĂźtre en lui des idĂ©es nouvelles. Si la rĂ©putation de la Joconde ne lui donnait pas cette certitude, ou du moins cet espoir, il ne se dĂ©placerait pas pour elle. Au gĂ©nie de Vinci, M. Kossyguine fait crĂ©dit d’une ampleur supĂ©rieure Ă  la sienne dans le domaine de ce qui peut s’exprimer avec un pinceau et des couleurs. Il ne sait pas d’avance ce que lui rĂ©vĂ©lera la Joconde. Il s’attend Ă  ĂȘtre surpris. Pour croire que l’on puisse ĂȘtre surpris par la Joconde et non par son modĂšle, ne faut-il pas souffrir d’une certaine infirmitĂ© mentale? Vinci n’était pas satisfait de son chef-d’Ɠuvre. La preuve, c’est qu’il a reprĂ©sentĂ© plusieurs autres fois son modĂšle sans penser, je prĂ©sume, qu’il se rĂ©pĂ©tait ; le visage de Mona Lisa n’était donc selon lui nullement Ă©puisĂ© par les quatre annĂ©es de labeur que le tableau nous offre en un coup d’Ɠil. Et Vinci limitait sa recherche Ă  un visage. Qu’eĂ»t-ce Ă©tĂ© si, par un autre artifice, il avait pu saisir dans son entier l’ĂȘtre de Mona? Eh bien, c’est cet ĂȘtre-lĂ  que la maladie livre au mĂ©decin et je dirai surtout au chirurgien dont le scalpel tranche dans le mystĂšre mĂȘme du vivant et du souffrant. Que l’on discute ce mot de mystĂšre » dans les phĂ©nomĂšnes de physique inanimĂ©e, je veux bien, encore que le vivant repose dĂ©jĂ  dans l’inanimĂ© et que ma propre virtualitĂ© ait Ă©tĂ© dĂ©jĂ  prĂ©sente dans la poussiĂšre sidĂ©rale d’oĂč naquit la Terre avec tout ce qu’elle porte, y compris la pensĂ©e humaine. Mais qu’on en refuse a priori la possibilitĂ© dans notre corps d’oĂč tout nous vient, n’est-ce pas folie? Nous ignorons jusqu’au mĂ©canisme de la sensation la plus brute. Nous suivons bien, par exemple, l’influx nerveux rĂ©sultant de l’excitation de la rĂ©tine le long du nerf optique, Ă  travers le chiasma, les bandelettes optiques jusqu’au corps genouillĂ© externe, au tubercule quadrijumeau antĂ©rieur, et jusqu’à l’écorce cĂ©rĂ©brale dans la rĂ©gion du lobe occipital, mais comme le remarque Grasset, seule la nĂ©cessitĂ© d’entrer dans le mĂȘme orbite rapproche dans le mĂȘme trou optique les fibres des deux nerfs hĂ©mioptiques », si bien que le nerf optique n’existe pas comme unitĂ© physiologique et clinique Rimbaud. Il n’y a pas, comme on pourrait s’y attendre, de centre cortical pour le nerf optique droit et pour le nerf optique gauche. Tout ce que nous arrivons Ă  faire dans ce fouillis de neurones et de cylindraxes — et cela, il est vrai que les physiologistes le font admirablement — c’est dĂ©celer des cheminements de signaux. Mais dans nos mĂ©canismes artificiels par exemple en tĂ©lĂ©communication, un signal suppose quelqu’un ou quelque chose pour le recevoir. Dans le cerveau, tout ce qu’on voit, ce sont des signaux qui se dĂ©placent et se transforment en dĂ©clenchant d’autres signaux, ou bien qui disparaissent sans laisser de traces apparentes. A quel moment et oĂč se forme la reprĂ©sentation de l’objet extĂ©rieur qui excite la rĂ©tine et provoque ce remue-mĂ©nage ? Non seulement on n’en sait rigoureusement rien, mais les physiologistes dĂ©clarent volontiers que c’est lĂ  une question de nature philosophique et par consĂ©quent dĂ©nuĂ©e de signification scientifique. Il ne faut pas s’en laisser imposer par cette fin de non-recevoir. Les savants comme les autres hommes prĂ©fĂšrent affirmer qu’une question n’a pas de sens tant qu’ils n’en ont pas trouvĂ© la rĂ©ponse. Le mĂ©decin, le praticien, est sur ce point prĂ©cis plus objectif que l’homme de science, tenu qu’il est de respecter la rĂ©alitĂ© mĂȘme incomprĂ©hensible plutĂŽt que le systĂšme logique oĂč s’organisent ses connaissances. Le chercheur a parfois le devoir de nĂ©gliger certains faits dont l’élucidation ferait obstacle Ă  son progrĂšs par hygiĂšne mentale, il lui est alors plus commode de dĂ©clarer que ces faits n’existent pas. Dame! s’ils existaient, ce serait irritant et l’on rĂ©flĂ©chit mal quand on se gratte. C’est du moins l’opinion gĂ©nĂ©rale, car d’autres, dont je suis, prĂ©fĂšrent se gratter. Et quant au mĂ©decin, s’il est un vrai thĂ©rapeute, peut-il feindre d’ignorer le mystĂšre quand c’est le corps de son patient et parfois le mal mĂȘme qu’il soigne qui l’enfante sous ses yeux? Tous les mĂ©decins ont des histoires incroyables Ă  raconter. Beaucoup pensent obscurĂ©ment qu’ils ne pourraient leur faire une place sans compromettre l’édifice de la mĂ©decine, sinon mĂȘme celui de la raison. Un certain nombre font plutĂŽt comme le docteur CuĂ©not ils s’engagent avec mille prĂ©cautions mais sans crainte de l’inconnu dans le labyrinthe ouvert devant leur curiositĂ© professionnelle par un type de faits impossibles Ă  intĂ©grer dans le SystĂšme. Et ceux-lĂ  ne tardent pas a reconnaĂźtre que le problĂšme n’est pas de trouver le moyen de les intĂ©grer, mais bien de se forger un nouvel outil de connaissance pour relayer l’outil classique et accĂ©der Ă  des certitudes tout aussi assurĂ©es que celles de la science quoique obtenues par des voies diffĂ©rentes. Quand, en 1965, j’eus publiĂ© le MystĂšre des rĂȘves en collaboration avec les docteurs Moufang et Stevens, je reçus de nombreuses lettres de mĂ©decins et de malades » Ă  propos des pages consacrĂ©es aux Ă©tats de veille mentale dans le corps endormi. J’écris le mot malades » entre guillemets, car j’avançais dans mon livre l’opinion fondĂ©e sur de nombreuses observations que l’éveil de la pensĂ©e au fond du rĂȘve dans un corps profondĂ©ment endormi Ă©tait un phĂ©nomĂšne sortant des normes assurĂ©ment, mais nullement pathologique. — Comment! m’écrivait une malade, serait-il possible que ces expĂ©riences qui m’angoissent tant et pour lesquelles on me soigne vainement Ă  force de drogues ne fussent point pathologiques? Alors, je ne serais pas malade? La correspondance que nous Ă©changeĂąmes Ă  la suite de cette lettre est trĂšs instructive. D’aprĂšs les drogues que lui donnait son mĂ©decin, je compris qu’il s’efforçait de guĂ©rir » ce qu’il tenait pour une nĂ©vrose. Je demandai Ă  la patiente de m’expliquer bien en dĂ©tail ce qu’elle avait dit Ă  son mĂ©decin. — Oh, me rĂ©pondit-elle, ce n’est pas compliquĂ©, je lui ai dit que je m’éveillais pendant mon sommeil sans que mon corps, lui s’éveille, que ma pensĂ©e seule s’éveillait et qu’alors je sortais de mon corps. Il m’a expliquĂ© que l’expression sortir de son corps » ne correspondait Ă  rien de rĂ©el, que je faisais simplement un cauchemar, que je croyais, en rĂȘve, sortir de mon corps, comme parfois on rĂȘve que l’on vole ou que l’on est reçu Ă  la table de la reine d’Angleterre; j’ai contestĂ© cette explication, disant que j’étais parfaitement lucide pendant ma sortie du corps », qu’il ne s’agissait donc ni de rĂȘve ni de cauchemar. » — Alors, m’a-t-il dit, pourquoi venez-vous me voir? » — Parce que l’expĂ©rience, agrĂ©able au dĂ©but s’achĂšve de façon terrifiante quand, essayant vainement de rĂ©intĂ©grer mon corps, je me mets Ă  craindre que l’on ensevelisse ce corps inerte et qui refuse de revenir Ă  la vie. » — Vous voyez bien qu’il s’agit d’un cauchemar! » — S’il s’agissait d’un cauchemar, comment finirait-il immanquablement? par l’éveil en sursaut avec les symptĂŽmes connus du cƓur qui bat, de la respiration haletante
 ce qui n’est pas le cas; mĂȘme me disant avec Ă©pouvante que je rĂȘve, je ne m’éveille pas et quand je rĂ©intĂšgre mon corps, c’est pour me retrouver rĂȘvant, et d’un rĂȘve sans rapport avec l’expĂ©rience prĂ©cĂ©dente, tout Ă  fait ordinaire, quelconque, un rĂȘve qui n’est mĂȘme pas un cauchemar. Inversement, l’expĂ©rience de sortie du corps » commence, elle aussi, par une sorte de dĂ©clic mental en plein rĂȘve. A un moment je rĂȘve et tout Ă  coup, hop! je ne rĂȘve plus, je suis Ă©veillĂ©e, pleinement Ă©veillĂ©e et flottant au-dessus de mon corps endormi. Du reste, ai-je dit Ă  mon mĂ©decin, peu importe de quoi il s’agit vraiment je vous ai racontĂ© ce que j’éprouve et je ne veux plus endurer cela. Sortie du corps ou cauchemar, tout ce que je demande c’est d’en ĂȘtre dĂ©barrassĂ©e. » Tel fut le rĂ©cit de cette dame. N’étant pas mĂ©decin, je la laissai suivre son traitement, me bornant Ă  lui faire subir quelques tests qui, comme je le prĂ©voyais, m’apprirent que la prĂ©tendue malade souffrait » tout simplement de remarquables facultĂ©s paranormales. Elle aurait pu avec un peu d’entraĂźnement faire un excellent calculateur prodige. Elle aurait pu aussi devenir ce qu’on appelle maladroitement un mĂ©dium, c’est-Ă -dire un ĂȘtre humain sujet Ă  des Ă©tats de conscience autres que ceux de la veille, du sommeil et du rĂȘve et accĂ©dant par lĂ  Ă  certains pouvoirs. Je prĂ©sume que son mĂ©decin l’a prĂ©servĂ©e de tous ces pĂ©rils en la guĂ©rissant comme on guĂ©rit un oiseau du vertige en lui coupant les ailes; on guĂ©rirait aussi l’athlĂšte qui court trop vite en lui cassant un peu les jambes. Pourquoi ne casse-t-on pas les jambes des athlĂštes? On se rappelle la rĂ©flexion de ce neurologue russe, venu, du temps de Staline, Ă  un congrĂšs oĂč un savant occidental avait Ă©voquĂ© le cas de ThĂ©rĂšse Neumann, la fameuse mystique allemande qui vivait depuis trente ans sans prendre de nourriture Dans mon pays, on aurait guĂ©ri depuis longtemps cette malheureuse. » Sans doute! mais s’il est avĂ©rĂ© qu’une malheureuse » privĂ©e de nourriture depuis trente ans se porte comme le Pont-Neuf et enterre l’un aprĂšs l’autre ses mĂ©decins, vaut-il mieux la guĂ©rir au plus tĂŽt de cette horrible infirmitĂ© ou bien Ă©tudier un peu la façon dont elle s’y prend? Les mĂ©decins soviĂ©tiques, remarquons-le, ont fait bien des progrĂšs depuis, eux qui ne craignent pas de compromettre leurs instituts acadĂ©miques dans l’étude de la suggestion tĂ©lĂ©pathique et de la vision dactyloptique. Nous n’en sommes pas encore lĂ  en France, et c’est pourquoi il faut saluer avec respect le courage d’hommes comme le docteur CuĂ©not. On verra d’ailleurs en lisant son livre que sur le plan philosophique la rĂ©flexion du docteur CuĂ©not va beaucoup plus loin que la prise en considĂ©ration de certains faits de mauvaise rĂ©putation. Jamais encore on n’avait si clairement montrĂ© que si ces faits sont exclus, balayĂ©s, effacĂ©s de la conscience psychologique de notre siĂšcle, ce n’est nullement en raison de leur raretĂ© ni de la difficultĂ© de les observer, mais bien parce que nos mĂ©canismes mentaux, fruits apparents d’une mĂ©thode qui a fait ses preuves et qui donc s’impose Ă  notre respect, la mĂ©thode scientifique ne leur mĂ©nagent aucune place dans notre pensĂ©e. Loin d’ĂȘtre rares, loin de se refuser Ă  l’observation, les phĂ©nomĂšnes qu’étudient les parapsychologues apparaissent en toute clartĂ© si on leur accorde quelque attention il suffit par exemple d’enregistrer ses rĂȘves un mois d’affilĂ©e pour que l’effet Dunne se manifeste de façon convaincante. Seulement ces faits si faciles Ă  mettre en Ă©vidence par la mĂ©thode scientifique n’ont aucune place dans le systĂšme philosophique implicitement rĂ©pandu dans la psychologie contemporaine. Le livre du docteur CuĂ©not consacre l’inĂ©vitable et depuis toujours prĂ©visible entrĂ©e de la rĂ©flexion scientifique dans ce que l’on appelle l’irrationnel. Certaines choses, croyait-on, Ă©taient impossibles, absurdes, contraires Ă  la raison. Eh bien, dit le docteur CuĂ©not, soyez seulement fidĂšles Ă  la mĂ©thode scientifique, c’est-Ă -dire Ă  l’observation objective, et vous verrez de vos yeux ces choses impossibles. Mais alors comment expliquer que notre Ă©poque pĂ©trie de science et de technique soit si rebelle aux certitudes irrationnelles »? En d’autres termes d’oĂč notre temps tient-il cette philosophie oblitĂ©rante que, par un comble d’absurditĂ©, il va jusqu’à identifier avec la Science elle-mĂȘme? il y a lĂ , on doit l’avouer, quelque chose de confondant. Le mĂȘme Einstein qui, dans un raisonnement cĂ©lĂšbre le Paradoxe d’Einstein, montrait que l’on peut dĂ©duire des lois les mieux assurĂ©es de la physique quantique la possibilitĂ© pour une particule de se trouver simultanĂ©ment en deux points diffĂ©rents de l’espace ou encore de se trouver et de ne pas se trouver, Ă  la fois et sous le mĂȘme rapport, en un mĂȘme point donnĂ©, ce mĂȘme Einstein dĂ©clarait Ă  un physicien de mes amis qui Ă©tait son voisin Ă  Princeton La parapsychologie est impossible, c’est une insulte Ă  la raison et les phĂ©nomĂšnes qu’elle prĂ©tend Ă©tudier ne peuvent pas exister. » Einstein ne s’était jamais demandĂ© si la pensĂ©e peut exister, si la conscience d’ĂȘtre peut exister. Notre Ă©poque se retrouve Ă  l’égard des faits dont parle le docteur CuĂ©not exactement dans la mĂȘme situation psychologique que les savants d’il y a trois siĂšcles ont connue Ă  l’égard de la physique celle de GalilĂ©e, Pascal et Newton. Quand le pĂšre Kircher, ayant pointĂ© une lunette Ă  objectif fumĂ© vers le soleil, dĂ©couvrit que l’astre divinisĂ© ouvertement par tant de religions et inconsciemment par tant de systĂšmes philosophiques Ă©tait en rĂ©alitĂ© largement maculĂ© de taches noires, un savant Ă©minent invitĂ© Ă  jeter un coup d’Ɠil dans l’oculaire refusa en haussant les Ă©paules — Nettoyez votre instrument ou faites-vous soigner les yeux, dit-il d’un ton mĂ©prisant. J’ai lu attentivement tout Aristote et n’y ai jamais rien vu de tel. Des taches sur le soleil, c’est impossible. C’était impossible dans le systĂšme de pensĂ©e tirĂ© de la science d’Aristote et que les Ă©pigones de ce dernier identifiaient Ă  la science tout court. Il serait temps de dĂ©couvrir que tous les systĂšmes de pensĂ©e sont en rĂ©alitĂ© des systĂšmes pour Ă©viter de penser. — Ah, mais pardon, rĂ©torque-t-on gĂ©nĂ©ralement Ă  ces considĂ©rations, ce n’est pas du tout la mĂȘme chose. La physique moderne est fondĂ©e sur des principes dĂ©montrĂ©s par mille et mille expĂ©riences. Toutes les expĂ©riences et observations nouvelles viennent s’insĂ©rer docilement dans le cadre dĂ©duit de ces principes, que vos prĂ©tendus faits viennent, eux, contredire. Quel accueil voulez-vous que nous leur fassions? S’ils contredisent des principes si bien prouvĂ©s, c’est qu’ils n’existent pas, c’est qu’ils rĂ©sultent tout simplement d’observations mal faites et d’expĂ©riences boiteuses. On remarquera tout d’abord que l’interlocuteur du pĂšre Kircher ne disait pas autre chose. Aristote et ses principes Ă©taient dĂ©montrĂ©s par tout ce qu’on savait Ă  l’époque, Ă  l’exclusion bien entendu de quelques allĂ©gations suspectes telles que l’existence prĂ©tendue de satellites autour de Jupiter, les taches du soleil, etc. Nous savons maintenant que ces quelques faits-lĂ  Ă©taient d’une importance fondamentale. Nous le savons depuis qu’on en a dĂ©duit un nouveau systĂšme du monde, une nouvelle cohĂ©rence bien confortable Ă  l’esprit, apprise dĂšs l’enfance et qui explique tout. Mais au XVIIe siĂšcle, les satellites de Jupiter et les taches du soleil, cela n’avait aucune importance. C’étaient pour les tenants d’Aristote et de PtolĂ©mĂ©e de petits dĂ©tails sans portĂ©e, Ă  supposer mĂȘme qu’on les admette, ce qui n’était pas nĂ©cessaire. De plus, les Diafoirus qui vont rĂ©pĂ©tant leur leçon apprise Ă  l’école sur l’admirable cohĂ©rence de la science moderne sont des ignorants. Si l’on avait trouvĂ© une cohĂ©rence entre la thĂ©orie des quanta et celle de la relativitĂ©, cela se saurait, depuis le temps qu’on la cherche. Si vous savez comment dĂ©duire ces deux thĂ©ories l’une de l’autre, ne vous gĂȘnez pas, ĂŽ mes maĂźtres. HĂątez-vous d’éclairer notre lanterne. Depuis qu’Einstein lui-mĂȘme s’y est en vain Ă©chinĂ© sa vie durant nous avons failli attendre. Et le jury du Prix Nobel de physique n’est pas plus avancĂ© que nous, qui tient en rĂ©serve des tombereaux de rĂ©compenses pour le gĂ©nie capable d’opĂ©rer enfin la science de cette tumeur. Sur les relations existant entre les diverses interactions nuclĂ©aires, sommes-nous plus avancĂ©s? N’est-il pas Ă©trange que ces problĂšmes, et surtout le premier qui est un problĂšme thĂ©orique fondamental, rĂ©sistent depuis si longtemps Ă  la patience, Ă  la sagacitĂ©, Ă  l’imagination crĂ©atrice de tant d’esprits Ă©minents? Si, c’est Ă©trange. Tout se passe comme si la solution n’existait dans aucune des directions oĂč on l’a cherchĂ©e, encore qu’on l’ait cherchĂ©e dans toutes les directions. C’est pourquoi je me risque Ă  Ă©mettre ce pronostic scandaleux on ne la trouvera qu’en mettant en cause l’un de ces principes sacrĂ©s dĂ©montrĂ©s par toutes les observations faites Ă  ce jour », Ă  l’exception, bien entendu, des observations que l’on refuse de faire parce qu’elles contrediraient le principe. En d’autres termes, je m’avance Ă  prĂ©dire que le jour oĂč le physicien gĂ©nial attendu comme un messie par le jury Nobel parviendra Ă  dĂ©duire les quanta de la relativitĂ© ou inversement, on dĂ©couvrira du mĂȘme coup que l’une ou l’autre de ces certitudes irrationnelles » actuellement rejetĂ©es avec mĂ©pris par les Diafoirus de l’Édifice cohĂ©rent n’étaient aprĂšs tout pas si irrationnelles que cela. Car enfin, si l’on ne trouve rien bien qu’on ait cherchĂ© partout n’est-ce pas que ce partout-lĂ  exclut quelques coins d’oĂč l’on dĂ©tourne les yeux avec horreur? Et puisque nous en sommes aux prophĂ©ties, soyons encore plus abominables. Parions que cette dĂ©couverte tant attendue permettra de faire avec des appareils, en laboratoire, ce que la jeune malade du docteur CuĂ©not faisait dans la clinique d’Arcachon des poltergeists, des transports d’objets sous contact, de l’antigravitation, horreur! Tope-lĂ ? Tope-lĂ , pari tenu. De toute façon, mĂȘme s’il se rĂ©vĂšle un jour que nous avons gagnĂ©, n’espĂ©rons pas trop que l’on tressera des fleurs au docteur CuĂ©not pour avoir eu le courage de regarder lĂ  oĂč il ne fallait pas parce que des taches sur le soleil, c’est impossible »; on dira que ce n’est pas la mĂȘme chose ». Il y a quelques annĂ©es, le professeur Rocard publiait un livre Yves Rocard, le Signal du sourcier, Dunod. Éditeur dans lequel, Ă©purant enfin le signal du sourcier de toute magie, il en donnait l’explication par un effet classique d’électromagnĂ©tisme et le reproduisait en laboratoire. Les Diafoirus de l’Édifice cohĂ©rent clamĂšrent que ce livre Ă©tait un attentat Ă  la raison et la reproduction du signal en laboratoire une expĂ©rience mal faite. Rocard refit l’expĂ©rience en se conformant aux exigences prĂ©sentĂ©es et eut la satisfaction de constater qu’ainsi amĂ©liorĂ©e elle marchait Ă  cent pour cent; il convia ses rĂ©futateurs Ă  la refaire eux-mĂȘmes dans son laboratoire, baguette de coudrier en main. Ce dont ils se gardĂšrent comme du diable, bien entendu la prudence scientifique a de ces formes, parfois! Du point de vue expĂ©rimental, on en est donc toujours lĂ  en 1967 refaite par Rocard, l’expĂ©rience marche Ă  cent pour cent. On n’en saura jamais plus. Est-ce Ă  dire que ce rĂ©sultat est dĂ©sormais admis par ceux qui d’abord le rejetaient? Non. Ils continuent de le rejeter. Pourquoi ? Un Ă©minent physiologiste du CollĂšge de France et qui par consĂ©quent n’est pas M. Galifret m’en donna un jour la raison — L’expĂ©rience de Rocard est sans doute irrĂ©prochable du point de vue physique Rocard est un grand physicien, tout le monde sait cela. Mais il y a le sujet de l’expĂ©rience avec sa baguette de coudrier et cela ce n’est pas de la physique, c’est de la physiologie. Or, les rĂ©sultats de Rocard sont impossibles du point de vue physiologique il n’existe aucun sens qui dĂ©cĂšle les variations du gradient magnĂ©tique. — Ce n’est peut-ĂȘtre pas un sens »? Il s’agit peut-ĂȘtre d’un rĂ©flexe nerveux? d’un phĂ©nomĂšne trĂšs banal, mais jamais enregistrĂ© de cette façon? — Laissez la physiologie aux physiologistes, nous ne nous mĂȘlons pas de physique. On n’est donc pas prĂšs de savoir s’il y a des taches sur le soleil de la physiologie française. Si Rocard veut s’instruire il n’a qu’à relire son Aristote
 Il est banal, en 1967, de constater que la science est organisĂ©e comme les souks de Tunis ou de Damas en une multitude de boutiques rangĂ©es, certes, cĂŽte Ă  cĂŽte dans un mĂȘme labyrinthe mais dont chaque marchand se fait une gloire d’ignorer ce qui se passe Ă  cĂŽtĂ©. On a en tĂȘte le plan du labyrinthe ou l’on croit l’avoir et cela suffit. Que ce plan ait Ă©tĂ© dressĂ© voilĂ  un siĂšcle par un illuminĂ© du nom d’Auguste Comte, qu’il ait Ă©tĂ© mille fois remaniĂ© depuis, que des terroristes comme Planck, Heisenberg, Von Neumann ou Wiener l’aient farci de bombes et de chausse-trapes, peu importe, cela ne nous regarde pas; on s’en tient Ă  la parole du ProphĂšte, et inch’Allah! Il existe un moyen infaillible de ne pas s’y perdre, c’est de ne jamais le visiter moi, je vends de la physiologie, ce qui se vend Ă  cĂŽtĂ© ne me regarde pas; si mon mur se lĂ©zarde c’est la faute Ă  l’infidĂšle qu’il crĂšve, ce chien, et si mon voisin glisse la main dans la fente, je la coupe avec mon grand sabre. Touchez pas au grisbi, comme dit Francis Blanche. Fort bien. Mais le client lui, quelle recette lui conseillez-vous pour s’en sortir? Et le client, messieurs, il serait bon qu’enfin vous en preniez conscience dans un siĂšcle de plus en plus dominĂ© par la science et la technique c’est tout le monde. Ce n’est pas seulement le sous-dĂ©veloppĂ© mental Ă  la recherche du dernier gadget, c’est d’abord et surtout l’homme de rĂ©flexion, l’intellectuel, le philosophe, l’honnĂȘte homme dĂ©sireux de comprendre son aventure avant de mourir. Que nous laissions la physiologie aux physiologistes? En tant que recherche, parbleu, personne ne contestera cette rĂšgle. Mais vous n’ĂȘtes pas que des chercheurs. Par vos dĂ©couvertes, vous ĂȘtes les ouvriers de notre destin quotidien. Nous ingurgitons vos drogues sur ordonnance des mĂ©decins que vous formez. Et encore cela n’est rien. Pour notre corps, nous vous faisons volontiers confiance. Mais pour notre esprit, permettez que nous discutions un peu. Quand Einstein, du haut de son gĂ©nie de physicien, vaticine que les phĂ©nomĂšnes Ă©tudiĂ©s par les parapsychologues n’existent pas et ne peuvent pas exister, nous cherchons Ă  la loupe quelle est son autoritĂ© en la matiĂšre et ne voyons rien. Il faut ĂȘtre logique si la rĂšgle est de laisser la physiologie aux physiologistes, souffrez que pour les questions ne relevant pas de votre compĂ©tence, nous cherchions nous-mĂȘmes notre chemin dans ce labyrinthe oĂč nous sommes tous, vous et nous, Ă©galement perdus, et qui a nom la Condition humaine. Il n’existe pas encore de science de l’homme total. Nous ne savons mĂȘme pas s’il existe un homme total. Entre toutes les hypothĂšses possibles sur notre avenir, la moins folle et la plus invraisemblable est que cet avenir est illimitĂ© et que nous n’avons qu’à peine commencĂ© notre propre exploration. Les extraordinaires rĂ©ussites du gĂ©nie humain auxquelles nous assistons prĂ©sentement nous donnent de nous-mĂȘmes l’image d’un enfant qui vient de dĂ©couvrir un fouet neuf. Et ce jouet, c’est nous-mĂȘmes qui, en jouant avec nos petites cellules grises, dĂ©couvrons les clĂ©s de la puissance et du savoir; nous nous apprĂȘtons Ă  conquĂ©rir la Lune; nous transformons notre planĂšte. Que nous ayons tirĂ© tout cela de nous-mĂȘmes ne prouve-t-il pas que nous sommes nous-mĂȘmes encore Ă  dĂ©couvrir? LĂ©onard n’en aura jamais fini de scruter le sourire de Mona Lisa. L’humanitĂ© est une Ă©ternelle Joconde; et nous devrons toujours, pour accĂ©der aux certitudes nouvelles, accorder aux meilleurs d’entre nous la libertĂ© de prĂ©parer notre voie dans le crĂ©puscule du matin. AimĂ© Michel Le clan GnassingbĂ©, aprĂšs le parti unique, contraint Ă  s’exercer Ă  la pratique des Ă©lections dĂ©mocratiques, s’y est adaptĂ© Ă  sa façon, en les transformant en mascarades ubuesques et parfois sanglantes. A LIRE AUSSI Lien entre Franc-maçonnerie et TĂ©moins de JĂ©hovah de lourds secrets enfin dĂ©voilĂ©s MĂȘme si les scores de 100% et de 99,99% d’antan font dĂ©sordre aujourd’hui, les scores n’en demeurent pas moins soviĂ©tiques et confirment l’illĂ©gitimitĂ© d’un pouvoir usurpĂ©. En consultant le Journal Officiel de la RĂ©publique togolaise consacrĂ© aux rĂ©sultats de l’élection prĂ©sidentielle du 22 fĂ©vrier 2020, nous avons les scores farfelus suivants par rĂ©gion – RĂ©gion maritime GnassingbĂ© 38,36% – RĂ©gion des Plateaux GnassingbĂ© 82,97% – RĂ©gion centrale GnassingbĂ© 90,88% – RĂ©gion de la Kara GnassingbĂ© 92,50% – RĂ©gion des Savanes GnassingbĂ© 87,27%. Et le tout additionnĂ© lui fait un score national de plus de 70% ! A LIRE AUSSI C’est Macron, corrompu par l’argent, qui maintient Faure au pouvoir »- Mgr Kpodzro Mais lĂ  n’est pas le plus Ă©tonnant. En effet, il suffit d’examiner tous ces chiffres pour les mettre en relation avec le taux de la misĂšre au Togo. Les chiffres officiels et de la Banque mondiale nous apprennent que le taux de pauvretĂ© moins d’un dollar par jour par individu au Togo, rĂ©gion par rĂ©gion, se prĂ©sente ainsi – RĂ©gion maritime 50% – RĂ©gion des Plateaux 60% – RĂ©gion centrale 70% – RĂ©gion de la Kara 80% -RĂ©gion des Savanes 90% Commentons la saugrenuitĂ© des rĂ©sultats qui dĂ©montrent que plus les Togolais sont dans la misĂšre, plus ils adorent le dictateur responsable de cette misĂšre ! A LIRE AUSSI Affaire trading Ghislain Awaga balance enfin ses complices haut placĂ©s » – Maritime 50% de misĂšre, 38,36% de voix pour le dictateur Plateaux 60% de misĂšre, 82,97% de voix pour le dictateur Centrale 70% de misĂšre, 90,88% de voix pour le dictateur Kara 80% de misĂšre, 92,50% de voix pour le dictateur Savanes 90% de misĂšre, 87,27 % de voix pour le dictateur. Diantre ! De qui se moque-t-on ? Alors d’oĂč vient l’éternelle crise de lĂ©gitimitĂ© du pouvoir au Togo pour que celui-ci ne se maintienne que par la force des armes ? Le peuple togolais est-il masochiste en mĂȘme temps qu’il vomit ce rĂ©gime criminel ? Question Ă  mille euros ! Ayayi Togoata APEDO-AMAH Le monde se divise en deux catĂ©gories. Ceux qui sont en couple et ceux qui ne sont pas en couple. Toi, tu creuses. En attendant voici une petite analyse typologique des diffĂ©rents type de couple qu’on crois forcĂ©ment au cours d’une vie, parfois mĂȘme au cours de sa propre vie. Et c’est souvent insupportable. Parce que de façon gĂ©nĂ©rale, les couples sont souvent insupportables. 1. Les couples fusionnels Le couple est soudĂ© sur l’intĂ©gralitĂ© de leurs corps y compris les parties gĂ©nitales jusqu’au bout du string. C’est simple, on ne peut pas les disposer dans une piĂšce sans qu’ils se touchent au moins une partie du corps. Ils se papouillent tout le temps, quand ils commencent une phrase ils ne disent jamais je » mais nous ». Bref, c’est une sorte de monstre Ă  deux tĂȘtes qui crache du vomi de bonheur sur son entourage. 2. Le couple qui s'engueule DEVANT toi et ça te rappelle le divorce de tes parents Impossible pour eux de passer une bonne soirĂ©e sans se donner en spectacle. Et comme ils sont plutĂŽt adeptes de Fellini, ça gueule Ă  tout va. On apprend que l’un a des problĂšmes d’érection. L’autre dĂ©pense tout le fric du compte commun. La belle mĂšre de toute façon n’est qu’une conne. Le mariage, c’est plus tellement sĂ»r. Mais pourquoi vous nous imposez ça ? 3. Ceux qui ne sortent qu'avec d'autres couples pour se comparer Depuis qu’ils sont en couple, ils ne peuvent plus frĂ©quenter des personnes cĂ©libataires qui leur renvoient une image de dĂ©sespoir. Alors le mieux c’est de restreindre ses sorties Ă  la frĂ©quentation d’autres couples. Comme ça tout le monde a les mĂȘmes codes. En plus on peut comparer nos tailles de bites et la durĂ©e de la baise. 4. Le couple qu'on ne voit jamais ensemble Parce qu’il y en a certainement un qui a honte de l’autre et qui ne peut dĂ©cemment pas se taper l’affiche en se montrant avec. 5. Le couple qui sort tout droit d'un catalogue IKEA ou d'une pub Kooples Propre, bien peignĂ© avec un labrador au poil soyeux. Tout ce qui sort de la bouche de l’un ou de l’autre est formatĂ© pour te plonger dans un ennui profond. GĂ©nĂ©ralement, ils exposent des photos d’eux partout dans leur salon. Juste au cas oĂč ils oublieraient Ă  quoi ils ressemblent physiquement. 6. Le couple incestueux GROS MALAISE QUAND ON RENCONTRE LA MEUF DE TON POTE ALORS QU’EN FAIT C’EST SA SƒUR. Oups. 7. Le couple qui aime bien parler de sa vie sexuelle, peut-ĂȘtre un peu trop Haha OK c’était marrant de parler de la fois oĂč vous avez jouĂ© les fifous en niquant dans une cage d’escalier mais on n’était pas obligĂ© de savoir que vous pratiquiez l’échangisme et que Christine ne jouissait que par la sodomie. 8. Le couple qui s'appelle "papa et maman" C’est bien ils sont vachement prĂȘts Ă  accueillir des enfants ça veut dire ! Allez salut. 9. Le trouple Tu as beau compter avec tous tes doigts, y’a rien Ă  faire. Ils sont ni un, ni deux, mais bien trois. Et visiblement conscients et consentants de la situation. Tu les envies un peu mais ça doit ĂȘtre contraignant pour les lessives et la vaisselle. 10. Ceux qui ont rien en commun Il/elle a fait 12 ans d’études en philosophie avec une thĂšse sur Sartre, il/elle est contrĂŽleur RATP plutĂŽt branchĂ© extrĂȘme droite. Le genre de couple qu’on a du mal Ă  gĂ©rer socialement mais qu’on ne peut que fĂ©liciter pour une telle ouverture d’esprit. 11. Le couple qui ne sait pas qu'ils sont en couple Quoi ? Moi et SĂ©bastien ? EN COUPLE ? Non mais tu as craquĂ© ou quoi ? OK ça fait 5 ans qu’on nique ensemble, OK on a un appart, OK on a deux gosses, mais bon moi je tiens Ă  ma libertĂ© hein je suis pas en couple ça n’a rien Ă  voir. 12. Le couple Ă  haut rĂ©gime 6000 tour par minute, pour faire de la fumĂ©e sur l’asphalte Tag quelqu’un qui n’est pas en couple et que la lecture de ce top rendra triste et malheureux.

aimer c est du désordre alors aimons